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  • Rachel Hussherr

Atteindre l'espace sans fusée

Dernière mise à jour : 11 juil.

Au lieu d’envoyer des satellites en orbite à l’aide de fusées, une jeune entreprise américaine essaie plutôt de les lancer jusque-là.



As-tu déjà vu l’épreuve du lancer du marteau aux Jeux olympiques ? L’athlète fait tourner une boule massive au bout d’un filin d’acier pour lui donner de la vitesse, puis la lâche et elle s’envole ! Et si on faisait la même chose pour mettre des satellites en orbite ? Sur papier, le concept paraît presque trop simple : utiliser la force centrifuge pour lancer un satellitedans l’espace sans recourir à une fusée et sa lourde cargaison de carburant, qui peut représenter jusqu’à 90% de son poids au décollage !


En réalité, le défi technologique est de taille. Pour mieux comprendre le fonctionnement de ce système de lancement haut de 54 mètres, imagine une montre dont l’aiguille tournerait en rond autour d’un point central… sauf que le boîtier est une chambre en acier de 1000 tonnes et que l’extrémité de l’aiguille tourne à une vitesse de 8 000 km/h.


Dans cette chambre circulaire, un dispositif maintient une pression d’air très basse afin de minimiser les pertes d’énergie par frottement. Au bout de « l’aiguille », un projectile est accéléré à très haute vitesse puis expulsé par un tunnel de sortie orienté vers le ciel. Un premier test, en octobre 2021, a permis de lancer un projectile à 10 km de hauteur, l’altitude de vol moyenne des avions de ligne.


Construit en plein milieu du désert au Nouveau-Mexique, cet « accélérateur suborbital » est un prototype destiné à effectuer plusieurs séries de tests. L’objectif : améliorer les modèles aérodynamiques et tester différentes technologies en vue de développer son grand frère, « l’accélérateur orbital ». Comme son nom l’indique, il permettra d’envoyer en orbite des satellites ou des chargements de 200 kg.


L’entreprise avance qu’une fois sa technologie au point, elle sera capable d’effectuer une mise en orbite pour 500 000 dollars environ, soit 10 fois moins cher que le coût actuel d’un lancement par fusée. Économique, cette technologie est aussi plus respectueuse de l’environnement puisqu’elle n’émet pas de gaz à effet de serre dans la basse atmosphère, là où ces émissions sont problématiques. L’accélérateur est en effet alimenté par l’électricité et une petite quantité de carburant est brûlée uniquement une fois arrivé en altitude : il donne un dernier coup de pouce au satellite pour ajuster son orbite.


De nombreuses alternatives au lancement par fusée sont (ou ont été) à l’étude, certaines plus insolites que d’autres. Parmi celles-ci, on peut trouver un ascenseur vers l’espace ou encore une catapulte géante. Attache ta tuque !


 

Publié sur le site internet du magasine Québec Science le 17 décembre 2021, ici

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