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  • Rachel Hussherr

SnotBot, un "drone morveux" pour étudier les baleines

Mis à jour : 19 juil. 2019

SnotBot, ou « robot morveux » de sa traduction anglaise, est le drone innovant mis au point par l’organisme à but non lucratif Ocean Alliance et l’école supérieure d’ingénierie Olin, toutes deux basées dans le Massachusetts aux États-Unis. À l’instar de ses confrères qui permettent de récolter de précieuses données d’observation sur les mammifères marins, le SnotBot est le premier drone du genre à pouvoir aussi étudier la réaction des baleines aux facteurs de stress environnementaux sur le plan moléculaire.



Ce drone particulier permet en effet de récupérer le mucus des baleines lorsque celles-ci surgissent à la surface de l’eau pour respirer; fournissant de précieuses informations sur le matériel génétique, l’état hormonal et le microbiome de l’animal. Muni de 4 boîtes de pétri fixées sur le dessus de l’engin, SnotBot survole l’océan et récolte les précieux échantillons (un mélange d’eau et de mucus), expulsés dans les airs par le souffle de la baleine lorsqu’elle expire.


Pouvant réaliser en un jour ce qu’un bateau aurait mis plusieurs semaines à accomplir, SnotBot ouvre de nouvelles perspectives d’étude des mammifères marins. Peu couteux mais également petit et silencieux, le drone dérange peu la baleine dans son environnement naturel, avance Ocean Alliance sur son site internet. Toujours selon l’organisme, les méthodes d’échantillonnage plus conventionnelles, impliquant la pourchasse d’un cétacé à l’aide d’un bateau motorisé, seraient au contraire des évènements stressants pour l’animal étudié et fausseraient les résultats des recherches scientifiques. « Si nous épuisons un animal pour l’étudier, n’assumons-nous pas que cela transparaitra dans les résultats ? » interroge le Dr Iain Kerr, directeur d’Ocean Alliance; lequel est convaincu que SnotBot représente une meilleure alternative pour l’étude des mammifères marins.


Lancé par financement participatif à l’été 2015 sur le site internet KickStarter, le projet SnotBot a depuis connu un succès retentissant. Pas moins de 265 vols ont été effectués par le drone en 2016, à l’occasion de 3 expéditions dans les eaux au large de l’Argentine, du Mexique et de l’Alaska. La centaine d’échantillons qui en a été rapportée a d’ailleurs été envoyée aux quatre coins des États-Unis pour analyse, ce qui devrait fournir aux scientifiques de précieuses données sur la santé physiologique des baleines rencontrées (stress ou gestation par exemple). Ces résultats ne seraient que les premiers d’une longue liste puisque l’organisation espère pérenniser son projet à raison de 3 expéditions par année.


Même si certains pointent du doigt les drones comme pouvant interférer avec les routes de migration, la reproduction ou l’alimentation des cétacés, ces critiques visent surtout certains utilisateurs privés, peu conscients du dérangement qu’ils pourraient causer en s’approchant trop près de ces animaux. Les drones n’en restent pas moins des outils d’avenir pour l’étude des baleines, comme le soutient Iain Kerr, estimant que ces derniers « pourraient être à l’étude des mammifères marins ce que l’invention du microscope fut à la biologie cellulaire ».


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Madame

Plancton

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