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  • Rachel Hussherr

Transmission culturelle chez les cétacés

Contrairement aux idées reçues, l’humain moderne est loin d’être le seul être vivant à avoir de la culture. Certains cétacés aussi.


Quand tu grandis, tes parents te transmettent certains de leurs goûts et leurs expériences de vie. Ton environnement, ton école et tes amis contribuent aussi à façonner ta personnalité. Pour les cétacés, c’est exactement pareil !


Chez les épaulards, des techniques de chasse variées illustrent bien la diversité culturelle des différentes populations : elles changent en fonction de leur plat favori. Ceux qui préfèrent manger des éléphants de mer en Antarctique ont, par exemple, appris à s’échouer volontairement sur les plages pour attraper leurs proies qui s’y reposent ! Les jeunes épaulards apprennent cette manœuvre risquée sous l’œil attentif de leur mère et des femelles les plus âgées.


Comme dans les sociétés humaines, le savoir se transmet en observant le comportement des autres membres du groupe, qu’importe l’âge ou le lien de parenté. De cette façon, certains dauphins au large de l’Australie ont appris à utiliser des outils pour dénicher leur repas. Ils effraient les poissons pour qu’ils se cachent dans de gros coquillages. Une fois leur proie piégée, ils prennent le coquillage dans leur bec, le remonte à la surface et le secoue pour faire tomber le poisson directement dans leur bouche. Et les dauphins s’enseignent cette technique entre eux.


Outre la chasse, le langage est une autre pièce importante de l’identité culturelle chez les cétacés. Beaucoup possèdent une manière de s’identifier, comme les petits bélugas qui reçoivent le nom de leur mère à la naissance. C’est lorsqu’ils commencent à vocaliser d’eux-mêmes qu’ils reçoivent un nom qui leur est propre.


Chez les baleines à bosse, qui se répartissent dans tous les océans du globe, les chants varient géographiquement, un peu comme les dialectes d’une même langue. Ces dialectes ont d’ailleurs permis aux scientifiques de différencier six grands groupes qui possèdent chacun leur propre répertoire musical.


Les cachalots d’un même clan possèdent eux aussi leur propre dialecte. Mais au contraire des baleines à bosse qui peuvent adopter le chant d’un autre groupe s’ils se rencontrent, les cachalots n’aiment pas se mélanger : ils communiquent uniquement avec des membres qui parlent le même dialecte qu’eux et ignorent délibérément les autres ! Pas très poli… Comme certains humains !

 

Publié le 27 novembre 2021 sur le site internet de Québec Science, ici

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